La Commission européenne va-t-elle sacrifier la moitié de la production française Bio ?

Alors que la France investit dans l’agriculture biologique comme nul autre pays en Europe depuis le grenelle de l’environnement et dispose de critères d’exigences des plus rigoureux pour la certification AB, la Commission européenne s’apprête à concocter un texte visant à interdire les propriétés agricoles dites hybrides (Mi-bio, Mi-agriculture traditionnelle), une mesure qui limitera la production intra-européenne et favorisera les importations étrangères face à une demande croissante des consommateurs pour le Bio.

Face à ces nouvelles contraintes que les professionnels dénoncent vivement, Louis Aliot interroge la commission européenne sur les marges de négociations de l’UE, en vue de ne pas pénaliser les producteurs français dont la moitié disposent d’une partie de production conventionnelle au sein de leur production Biologique.

 

Question posée par Louis Aliot à la Commission européenne :

Dans son projet de de refonte du règlement sur la production Bio, la Commission européenne prévoit d’interdire les productions agricoles mixtes. Il s’agit de ne plus permettre aux agriculteurs d’avoir une partie de production conventionnelle au sein de leur production biologique.

Un non-sens pour les professionnels qui ne manquent pas de rappeler que la mixité des cultures n’est pas toujours voulue et qu’elle peut être subie.

Ainsi les apiculteurs dont la zone de butinage des abeilles est trop près d’une agglomération ne peuvent pas bénéficier de l’appellation agriculture biologique.

La mixité des exploitations est essentielle pour le maintien de la filière Bio. Selon le président de l’Agence Bio, une telle mesure aurait pour effet de faire baisser la production certifiée AB au de l’ UE et de favoriser ainsi des importations extérieures, non pourvues des mêmes contrôles qualités.

Le projet de révision porté par la Commission a surpris l’ensemble de la filière qui n’avait rien demandée et dénonce aujourd’hui une auto-saisine de la Commission. Il y a aujourd’hui un véritable consensus européen pour rejeter l’interdiction de la mixité des cultures.

En vu de ne pas affaiblir le secteur agricole Bio en pleine expansion, particulièrement en France, quelle est la marge de négociation de la commission européenne quant à la possibilité du maintien de la mixité des productions?