Question écrite à la haute représentante de l’U.E suite au déroulé des élections au Congo Brazaville

Le Congo Brazzaville connait aujourd’hui une période d’instabilité caractérisée par un climat d’insécurité générale, une atteinte grave aux droits de l’Homme et un contrôle antidémocratique de l’opposition, après une séquence électorale marquée par un coup d’Etat constitutionnel et une élection présidentielle contestée. Des bombardements sont en cours dans certains départements ou villes favorables à l’opposition laissant entrevoir des crimes et exécutions inadmissibles. Tout cela dans le silence complice de la France et de l’Union.

Même si cette situation a donné l’occasion à l’UE de s’exprimer à plusieurs reprises, à aucun moment il n’a été question d’entendre les arguments de l’Opposition.

– Pourquoi la Vice-Présidente de la Commission n’a t-elle pas demandé le recomptage des suffrages après l’élection présidentielle comme demandé par les candidats de l’Opposition ?
– Pourquoi la Vice-Présidente de la Commission ne demande t-elle pas des sanctions y compris le gel des avoirs de certains dirigeants politiques, civils ou militaires comme elle a su le faire dans d’autres occasions ?

 
Réponse donnée par Mme Mogherini, haute représentante/vice-présidente :
« L’Union européenne suit de très près la situation au Congo-Brazzaville, notamment par l’intermédiaire de sa délégation. Le 7 avril, la haute représentante a publié une déclaration au nom de l’UE et de ses États membres, mettant à nouveau l’accent sur les graves lacunes observées dans la gouvernance électorale des élections présidentielles, ainsi que sur les violations répétées des droits de l’homme et sur les manœuvres d’intimidation de l’opposition. La crédibilité des résultats des élections est ainsi également mise en cause.

En ce qui concerne les violences qui ont éclaté à travers le pays à la suite des élections, l’Union a, dans ses déclarations des 4 et 7 avril, exhorté les parties à faire preuve de retenue et à s’abstenir de recourir à la violence et aux manipulations. En outre, le SEAE a demandé avec insistance au gouvernement qu’il permette aux acteurs humanitaires et aux représentants des médias d’accéder sans entrave aux zones concernées et a réclamé l’ouverture d’une enquête sur les violences signalées. Il a précisé que toutes les actions des forces de sécurité doivent avoir lieu dans le respect absolu du droit international et des normes en matière de droits de l’homme. Le SEAE continuera de suivre de près l’évolution de la situation dans le pays et de proposer des mesures supplémentaires en tant que de besoin, en tirant parti de tous les instruments à sa disposition. »