Violente atteinte à la laïcité par un migrant : question écrite à la commission européenne

Louis Aliot interroge la commission européenne suite à l’agression du 6 juin 2016 à Nice

A l’occasion du premier jour du ramadan, fête traditionnelle musulmane durant laquelle doivent jeûner les fidèles en journée pendant un mois, une jeune serveuse a été violemment agressée sur une terrasse de café à Nice (Côte d’Azur).

Cette inacceptable agression perpétrée par un migrant, au prétexte que la jeune femme « devrait avoir honte de servir de l’alcool en période de ramadan » avant d’ajouter « Si j’étais Dieu, je t’aurais pendu », n’est pas anodine et porte un coup sévère aux valeurs républicaines dans un contexte de progression du fondamentalisme religieux et de la montée du communautarisme.

Alors que l’Union européenne promeut les « bienfaits » de l’immigration et contraint les Etats membres à des quotas de réfugiés sur leur sol, que propose la commission pour palier au décalage culturel entre des autochtones laïques ou exerçant leur foi en toute discrétion et des populations fraîchement débarquées, imprégnées par une religion faisant foi de loi suprême sur toute autre règle, alors que ces mêmes Etats n’y sont pas parvenus avec les précédentes vagues migratoires ?

Réponse donnée par M. Avramopoulos, au nom de la Commission (15.9.2016)

L’Union européenne (UE) se fonde sur des valeurs fondamentales parmi lesquelles figurent la démocratie, la primauté du droit et le respect des droits fondamentaux. La Charte des droits fondamentaux de l’UE consacre de nombreux droits revêtant une importance déterminante pour le processus d’intégration, dont les libertés d’expression et de religion, ainsi que les droits à l’égalité et à la non-discrimination. L’intégration des ressortissants des pays tiers ne se fait pas (et ne se fera pas) au détriment de ces valeurs. Au contraire, apprendre à connaître les lois, la culture et les valeurs de la société d’accueil est essentiel pour les ressortissants de pays tiers, afin de comprendre les responsabilités liées à leur nouvelle existence dans la société d’accueil et de jouer un rôle actif au sein de celle-ci.

Cependant, développer des sociétés accueillantes, plurielles et inclusives est un processus qui passe par l’engagement à la fois des ressortissants de pays tiers, mais aussi de la société d’accueil. Cela a été réaffirmé dans la communication du 7 juin 2016 prévoyant un «Plan d’action pour l’intégration des ressortissants de pays tiers» , dans lequel la Commission a défini les principales priorités politiques et proposé des instruments pour les actions concrètes à entreprendre à l’échelon de l’UE pour soutenir les mesures prises au niveau des États membres en matière d’intégration, dont, par exemple, des programmes d’éducation à la citoyenneté pour tous les ressortissants de pays tiers, afin d’encourager l’intégration dans la société d’accueil et de favoriser la compréhension et le respect des valeurs de l’Union.

La Commission s’est engagée à promouvoir le respect des valeurs européennes et à favoriser le dialogue et la compréhension mutuelle entre les communautés, y compris les communautés religieuses, et un meilleur «vivre ensemble». À cette fin, la Commission fournit des aides financières, en particulier au titre du programme «Droits, égalité et citoyenneté», en faveur des actions des parties prenantes qui visent à promouvoir une meilleure compréhension interconfessionnelle et interculturelle ainsi qu’une tolérance accrue dans l’UE .